bal.exe

Bal mécanique sur musique de chambre – Création 2014, durée 60 min



Dans bal.exe, septième création d’Anne Nguyen, huit danseurs spécialistes du popping partagent la scène avec cinq musiciens classiques. La chorégraphe transcrit l’univers romantique et mélancolique d’œuvres de musique de chambre de Brahms, Connesson, Halvorsen et Biber par une partition chorégraphique robotique et quasi-informatique, où la logique se confronte à l’arbitraire. Les danseurs-automates à l’aspect de mannequins chics au style rétro et décalé, comme ensorcelés par la musique, s’élancent les uns vers les autres pour interagir à travers des gestes mécaniques, retenus et saccadés. Ils esquissent quelques pas de looping pop, danse de couple aux allures mécaniques créée à l’occasion du spectacle. Dans ces corps programmés pour danser, les rouages émotionnels fonctionnent de manière aléatoire. Les choix qui s’offrent à eux ne font que les entraîner dans un système de plus en plus déterministe et ordonné. Engloutis dans un univers où l’émotion puissante qui se dégage de la musique les dépasse, les corps solitaires tentent désespérément de retrouver un contrôle de leurs liens avec les autres en provoquant des actions perturbatrices dans ce bal somnambulique. En transgressant les tâches robotiques qui semblent leur avoir été assignées arbitrairement, ils révèlent leur côté totalement déjanté, convoquant boule à facette, perruques, carottes et musiciens dans une ambiance festive à la Tex Avery… bal.exe est un programme informatique de danse de couple qui, exécuté par des robots mal réglés, se détraque de manière complètement inattendue.

Popping : les huit danseurs de bal.exe sont des poppeurs. Le popping est une des spécialités de la danse hip-hop. Cette gestuelle explosive est basée sur les isolations musculaires, les dissociations, le travail des lignes et des formes brisées, et les changements d’état. L’idée de rupture et de contraste est essentielle : mouvements fluides et relâchés alternent avec contractions et blocages.

Looping pop : le looping pop s’inspire de danses sociales (tango, valse ou bachata), déstructurées et recomposées par le popping. Il allie la technicité et l’exubérance de la danse hip-hop aux principes de jeu et d’écoute propres aux danses de couple. En anglais, un “loop” est une boucle. Dans la gestuelle du looping pop, les pas ou les rythmes sont mis en boucle afin de créer un jeu de mécanismes. Tout en conservant l’énergie individualiste et affirmée de la danse hip-hop, le looping pop s’éloigne de l’image de la sensualité et de la séduction mais fait danser les partenaires en contact physique, en échangeant des directives. Un contact à l’image de nos modes de vie et de nos comportements contemporains : individualistes et égocentriques, nous sommes extrêmement dépendants du moindre événement extérieur et réagissons rapidement à l’information. Nous sommes aussi capables d’inventer d’infinies variations aux processus répétitifs dont notre quotidien est fait.

Distribution

Chorégraphie : Anne Nguyen
Danseurs : Sonia Bel Hadj Brahim, William Delahaye ou Matthieu Pacquit, Pascal Luce, Claire Moineau, Blondy Mota-Kisoka, Sacha Négrevergne, Jessica Noita, Rebecca Rheny / Doublures : Farrah Elmaskini, Cintia Golitin
Musiciens (plusieurs distributions possibles) :
  • Distribution n°1: Juliette Adam – clarinette, Alexandre Pascal – violon, Boris Blanco – violon, Raphaël Jardin – alto, Alexis Derouin – violoncelle
  • Distribution n°2: Juliette Adam – clarinette, Yaoré Talibart – violon, Clémence Mériaux – violon, Issey Nadaud – alto, Caroline Sypniewski – violoncelle
Création lumière : Ydir Acef
Création vidéo : Claudio Cavallari
Avec des extraits du film « Paroles, paroles » de Ron Dyens (Sacrebleu Productions, 2002)
Assistante chorégraphe : Magali Duclos
Programme musical :
  • Johannes Brahms (1833-1897) – Quintette pour clarinette et cordes en si mineur op. 115 / clarinette, 2 violons, alto, violoncelle / 36 min env.
  • Improvisation autour de « Disco-Toccata » de Guillaume Connesson (né en 1970) / clarinette / 2 min env.
  • Johan Halvorsen (1864-1935) – Passacaglia pour violon et alto d’après la Suite n°7 en sol mineur pour clavecin de G. F. Haendel / violon et alto / 6 min env.
  • Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) – Sonate du Rosaire n°16 « L’ange gardien » – Passacaglia pour violon en sol mineur / violon / 9 min env.


Partenaires

Production : Compagnie par Terre ; Orchestre Régional de Basse-Normandie. Projet initié par l’Orchestre Régional de Basse-Normandie.
Avec le soutien de : l’aide à la production d’Arcadi ; le Conseil général du Val-de-Marne ; le Département de la Seine-Saint-Denis.
Coproductions : Le Théâtre de Rungis ; Parc de la Villette ; Centre Chorégraphique National de Caen / Basse-Normandie, Direction Héla Fattoumi & Éric Lamoureux, dans le cadre de l’accueil studio / Ministère de la Culture et de la Communication ; Théâtre Louis Aragon, Scène conventionnée pour la danse de Tremblay-en-France ; Le Rive Gauche, Scène conventionnée pour la danse à Saint-Etienne-du-Rouvray ; CCN de Créteil et du Val-de-Marne / Cie Käfig – dans le cadre de l’accueil studio ; Le Prisme – Centre de développement artistique de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Avec le partenariat de : MOOV’N AKTION ; La ménagerie de verre ; Le CRI danse de Villejuif ; Les Laboratoires d’Aubervilliers ; Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi ; Centre national de la danse – mise à disposition de studio. Remerciements : Repetto.

La Compagnie par Terre reçoit l’aide pluriannuelle du Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Ile-de-France, le cofinancement de la Région Ile-de-France, l’aide au fonctionnement du Département du Val-de-Marne et le soutien du Département de la Seine-Saint-Denis.
Anne Nguyen est artiste associée à Chaillot, Théâtre National de la Danse jusqu’en 2018. .


« [...] Avec bal.exe, Anne Nguyen amorce une double révolution culturelle dans l’univers du hip-hop. Et parce que c'est à ce point inédit, elle passe par la création d'un nouveau style, le looping pop, basé sur le popping. Le popping ? Un style très articulé et mécanique qui se danse debout. [...] Bal hip-hop, bal robotique, bal paradoxe. Ici, le popping se pratique face à face, deux par deux ! […] Tout se joue entre les états de corps et de conscience, dans la rencontre entre la danse et une musique romantique, voire mélancolique. Le suspense et la fascination opèrent pleinement à partir de ces entre-deux. Il fallait bien une chorégraphe mathématicienne pour créer cette circulation fluide entre Brahms et le popping, pour une danse comme gérée par des algorithmes. Au final, tout fait naturel. bal.exe traverse les époques, du baroque de Brahms au ballet romantique avec ses personnages automates tels Coppélia, Petrouchka et autre Casse-Noisette pour arriver tout droit dans l’avenir du hip-hop. »
ArtistikRezo – Thomas Hahn (31 octobre 2014)

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« La chorégraphe hip-hop Anne Nguyen s’est donné un drôle de double défi : inventer une danse de couple au gré d’une écriture hip-hop mi-robotique, mi-popping. Le résultat spectaculaire, baptisé bal.exe (inspiré du langage informatique) est une étrange affaire, un spectacle crépusculaire entre bal des automates et nouba de spectres, interprété par huit danseurs irréprochables. [...] La gestuelle, incroyable, nerveuse et sous tension, [...] métamorphose les corps [...] en étranges pantins humains, hérissés de secousses musculaires. Et lorsque les couples réussissent à s’accorder pour quelques pas glissés, le duo bascule dans le choc électrique. Le nom de cette nouvelle danse conflictuelle [...] : le "looping pop". Ce parti pris mécanique, revendiqué par la chorégraphe et affirmé avec invention jusqu’au bout du spectacle, auréole cette soirée d’une sorte d’humanité sèche et mélancolique. Les danseurs [...] endossent le destin de poupées dansantes remontées le temps d’un tour de piste. [...] bal.exe, semble sonner la fin du couple, de la rencontre, des sentiments amoureux. Sur le quintette pour clarinette et cordes de Brahms, cette danse de couple "empêchée" [...] se révèle emblématique de la façon dont la chorégraphe aime travailler sur la contrainte. »
La Scène – Rosita Boisseau (Septembre 2014)

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